Victimes du coup d’état de 1851

Victimes du coup d’état de 1851

Une source peu connue

#LeMoisGeneatech – du 1er au 7 février : Présentez une source peu ou pas connue. Vous avez probablement utilisé un jour dans vos recherches généalogiques une source plus originale que les habituels registres – paroissiaux ou d’état civil – , les actes notariés ou les registres matricules ? Avez vous plongé dans les archives judiciaires, les archives commerciales, les archives de la police ou des hôpitaux? Et les archives du monde du travail, les archives des écoles, les transmissions orales de souvenirs, les monographies communales, les sociétés savantes ? Et tant d’autres … Racontez nous comment vous avez utilisé cette ressource moins habituelle et partagez votre expérience.

Après une recherche simple sur Gallica, j’ai trouvé le nom de mon ancêtre André MONIS sur une liste de pensionnés. En creusant un peu plus, j’ai compris que la pension lui avait été accordée car il était une victime du coup d’état de 1851. J’ai ensuite trouvé un autre de mes ancêtres, François FERLUS, ainsi que son grand frère Guillaume sur cette même liste. Suite à une demande d’aide sur le groupe « Hérault Généalogie », j’ai découvert le site http://poursuivis-decembre-1851.fr/, une source encore inconnue pour moi. Il s’agit de la base Tristan indexée par le GAMT. J’espère que cet article la fera découvrir à d’autres généalogistes.

Un peu d’histoire

Je ne vais pas ici paraphraser les livres d’histoire mais voilà quelques mots pour situer mes recherches.
Le 2 décembre 1851 a eu lieu le coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte qui deviendra plus tard Napoléon III. Dans toute la France, des républicains, démocrates socialistes s’insurgent. L’armée réprime sévèrement cette insurrection et des milliers de français sont arrêtés. Début février 1852, des commissions mixtes sont créées (un préfet + un général + un magistrat). Les insurgés risquent la prison, la surveillance ainsi que la transportation en Algérie ou à Cayenne mais aussi la peine de mort. Dans l’Hérault, 3023 personnes sont arrêtées, dont 1564 sont condamnés à l’Algérie, deux seront décapitées.
Dès mars, certaines décisions sont révisées et bon nombre de républicains sont grâciés ou ont une peine plus clémente. Entre mars et mai 1852, les condamnés à la transportation sont emmenés en Algérie.
En 1881, une loi exige l’indemnisation des victimes. La victime elle-même peut bénéficier d’une pension mais aussi sa veuve non remariée ou ses ascendants/descendants au premier degré. Les pensions sont viagères et peuvent aller de 100 à 1200 Fr. par an. Dans l’Hérault, il y aura 2067 bénéficiaires. Pour en savoir plus, je vous recommande la lecture de l’historique de la répression.

BEZIERS : Monument de Casimir Peret et Victimes de 1851 (1911)

Mes ancêtres à Béziers

Je ne connais pas encore tous les détails mais j’ai réussi à avoir des informations sur deux de mes sosas et un de mes collatéraux. Il faudra bien-sûr que je continue mes recherches et que j’accède à leurs dossiers individuels pour en savoir plus.

André MONIS (1817-1887), fermier et fournier (boulanger), marié à Alexandrine PUEL en 1839. Il a deux fils et une fille née en 1849, Marie (ma sosa). André a été jugé pour les motifs suivants: « Très exalté. Insurrection. Bandes armées. Attaque de la sous préfecture de Béziers. Société secrète ». (Décisions de la commission supérieure de l’Hérault). Il est condamné à la transportation en Algérie (Algérie plus – de qui signifie qu’il ne peut pas choisir la localité et qu’il sera incarcéré là-bas). Il est grâcié le 2/3/1853 (remise de peine) et rentre à Béziers.
Déclaré victime du coup d’état, il reçoit une pension de 900 Fr./an puis sa veuve reçoit 450 Fr.
(attention à l’orthographe: MONIS, MOUNIS, MONNIS ou MOUIS)

François FERLUS (1828-1879), jardiner et marchand de fruits, marié à Anne SALASC. Au moment de l’insurrection, il avait un fils François né en octobre et qui avait donc deux mois quand son père a été arrêté. Son deuxième fils (Etienne, mon sosa) ne naitra qu’en 1854. François a été jugé pour les charges suivantes: « A pris part à l’insurrection, Affilié » (Décisions de la commission supérieure de l’Hérault). Il est condamné la transportation en Algérie (Algérie moins = ce qui signifie qu’il pourra vivre où il voudra). Il sera grâcié le 3/4/1852 et sa peine sera commuée en « surveillance » (il devra pointer à la gendarmerie tous les 15 jours).
A partir de 1881, il reçoit une pension de 300 Fr.

Guillaume FERLUS (1826-1898), tonnelier, est le grand frère de François. Il est marié à Alexandrine SINQ et père d’un garçon. C’est sans doute lui qui a été le plus en colère contre ce coup d’état. Voici ce qui est relevé par la commission mixte : « Très exalté (Blessé). Insurrection. Bandes armées. Société secrète. Moralité douteuse ». (Décisions de la commission supérieure de l’Hérault). Il est condamné à la transportation en Algérie (Algérie moins) mais il est grâcié (grâce entière) le 26/6/1852. En 1861, je le retrouve dans le recensement de Béziers, où il est dit « amputé d’une jambe ». Je me demande s’il s’agit ici de la blessure dont on parle devant la commission mixte. Est-ce parce qu’il était blessé qu’il a été libéré?
Déclaré victime en 1881, il reçoit une pension de 1200 Fr. (le maximum). A la mort de sa veuve, les deux enfants survivants auront droit à 300 Fr chacun.

Recherches à venir

Pour poursuivre mes recherches, je dois me rendre aux Archives Nationales (site de Pierrefitte-sur-Seine). J’ai relevé les côtes suivantes: André MONIS: Archives nationales F/7/*/2593 + Dossiers de grâce : BB/22/163 + dossier de pension numéro 462.
François FERLUS: Archives nationales F/7/*/2590 + Dossier de pension: F/15/4036.
Guillaume FERLUS: Archives nationales F/7/*/2590 + Dossier de pension: F/15/4186.
Mais j’aimerais aussi aller consulter « Décisions de la commission supérieure de l’Hérault » au SHD, 7 J 72. Les membres du groupe facebook m’ont également conseillé d’aller aux AD34 pour y chercher des dossiers individuels. Voilà un beau programme!

Sources

  • Collectif Hérault 1851-2001, Les victimes du coup d’état de 1851 de l’Hérault, listes des inculpés devant la commission mixte de 1852. Dossier numéro 1. Montpellier, 2005.
  • Coup d’état du 2 décembre 1851. La république des Avant-Mons, Mémoires d’une communauté © Les Arts Vailhan. POP Communauté 07.
  • Etudes héraultaises, Les victimes du coup du 2 décembre 1851 dans l’Hérault.
  • Base Tristan avec la liste de toutes les victimes indexées. Recherche par nom, par ville, par lieu de naissance, par profession, etc.
  • Carte postale du monument pour les victimes de 1851 à Béziers: Delcampe.
  • Un article de Midi Libre ici

Marie-Louise DOMERGUE – St Anne’s Home

Marie-Louise DOMERGUE – St Anne’s Home

Marie-Louise MARQUET est née en 1900 à Decazeville. Cinq ans plus tard, elle rejoint ses parents Adrien et Maria installés à San Francisco. En 1910, ils habitent tous les trois à Ukiah (toujours en Californie). Adrien est propriétaire d’une blanchisserie comme bon nombre d’immigrés français. En 1922, Marie-Louise épouse Edouard DOMERGUE, qui n’est autre qu’un cousin à la 5ème génération (et l’oncle maternel de ma grand-mère paternelle). Pendant des années, Edouard travaille pour ses beaux-parents. Plus tard, sa femme et lui s’installent à San Francisco. Le couple n’aura pas d’enfants. Adrien décède en 1941, Maria passe alors beaucoup de temps chez sa fille et son gendre. Edouard meurt en 1963 puis c’est au tour de Maria de s’éteindre un an plus tard. Marie-Louise se retrouve donc bien seule. Elle survivra 29 ans à son mari.

Jusqu’à aujourd’hui, je n’avais que la mention du décès de Marie-Louise dans le California Death Index (ce qui n’est pas l’acte original). Son Inhumation au Holy Cross Catholic Cemetery ne m’apprend pas grand-chose. Il n’y a même pas sa date de naissance (j’ai fait une demande de rectification qui a été acceptée). Et voilà que je trouve sa nécrologie dans la presse (ancienne).

nécrologie Marie Louise Domergue
The San Francisco Examiner (San Francisco, California) · Wed, Dec 23, 1992

Le texte est très succinct. On ne parle pas de parents qui invitent aux obsèques (ce qui est pourtant très courant aux USA) alors qu’elle a un arrière-petit-neveu du côté de son mari qui habite San Francisco et au moins deux cousines germaines (filles du frère de sa mère). N’y avait-il plus aucun lien avec la famille? Une phrase attire mon attention: A 20 year resident of St. Anne’s home. Je me mets donc à la recherche d’informations sur ce lieu.

Je découvre que cette résidence pour personnes âgées est gérée par les petites soeurs des pauvres (the little sisters of the poor). Cet ordre né en Bretagne en 1839, arrive à San Francisco en 1901. Les soeurs ouvrent une maison pour 100 résidents. Mais très vite, en 1904, une nouvelle construction voit le jour, financé par Edouard LeBreton. Il s’agit d’un magnifique bâtiment en brique rouge qui résistera au grand tremblement de terre de 1906. Des centaines de personnes âgées y vivent leurs dernières années.

St. Anne's Home San Francisco avant 1980
http://www.littlesistersofthepoorsanfrancisco.org/history/

Mais en 1975, le bâtiment n’est plus aux normes anti-sismiques et incendie. Beaucoup de personnes se battent pour préserver le bâtiment mais la décision tombe en 1979. Le bâtiment ne peut plus accueillir de résidents. Comme il est plus important d’avoir une structure d’accueil que de garder une construction, si belle soit-elle, le bâtiment va être complètement détruit et reconstruit. La nouvelle résidence St. Anne proposera alors 120 lits pour des résidents autonomes, des appartements pour personnes mariées et 50 lits pour résidents dépendants.

coupure de journal sur la reconstruction du St; Anne's Home à San Francisco
The San Francisco Examiner (San Francisco, California) – Wed, Apr 28, 1982

Marie-Louise est décédée en 1992. Si elle a passé 20 ans dans cette résidence comme on peut le lire dans sa nécrologie, elle devait y être depuis 1972 à peu près. Elle a donc dû vivre la bataille pour garder l’ancien bâtiment mais aussi sa destruction et sa reconstruction. Comment a-t-elle vécu cette période? Où vivait-elle pendant les travaux? Avait-elle des visites de sa famille?

Je décide te tenter ma chance et j’envoie un mail à la direction du St. Anne’s Home. A peine deux jours plus tard, j’ai la joie d’avoir une réponse! Une sympathique personne, Kathleen, m’apprend que Marie-Louise est arrivée en février 1972. Elle est décédée en 1992 d’un arrêt cardiaque et elle avait demandé à ce que ses obsèques soient organisées par Notre-Dame-des-Victoires. Jusque-là, rien d’étonnant. Mais une information importante a été ajoutée. Sa plus proche parente était Margaret Cerelli, qui est une de ses cousines germaines, fille d’Elie Pauzié, frère de sa mère. Je suis ravie de savoir que Marie-Louise avait des visites de sa famille proche. Je suis maintenant à la recherche de descendants de Margaret CERELLI qui pourrait peut-être me parler de Marie-Louise.

Sources des images:
The San Francisco Examiner (San Francisco, California) · Wed, Dec 23, 1992
http://www.littlesistersofthepoorsanfrancisco.org/history/
The San Francisco Examiner (San Francisco, California) – Wed, Apr 28, 1982

Un divorce qui se passe mal

Marie ALLIGUIE, cousine germaine de Firmin, Louis, Léon et Paul dont j’ai déjà parlés, arrive à San Francisco en 1907, à l’âge de 18 ans. Neuf ans plus tard, elle épouse un néerlandais John Francis VANDENBERG avec qui elle aura trois enfants dont une petite fille qui ne survivra pas.
 
Mais 11 plus tard, le couple, propriétaire d’un salon de beauté, ne s’entend plus du tout. En 1927, ils demandent le divorce mais le juge les somme simplement de vivre séparément. L’année suivante, John se présente devant le juge pour lui expliquer que Marie rend régulièrement visite à une diseuse de bonne aventure avant de prendre toutes décisions personnelles et professionnelles. Il insinue que Marie n’a plus toute sa tête. Marie, elle, demande le divorce pour « cruauté » de la part de son mari. Le juge n’en peut plus. Il prononce la séparation officielle du couple et la gestion du patrimoine par un trust. Il déclare: « Ces deux personnes sont manifestement névrosées toutes les deux et ont besoin chacune d’un tuteur. Elles ont besoin d’être séparées pour s’en sortir ».
 
 
The San Francisco Examiner (San Francisco, California) · Thu, Mar 8, 1928 · Page 19
 
Un an plus tard, John demande la prolongation de la gestion du trust. D’après John, Marie continue à être sous l’emprise de voyants et autres gourous. Le juge déclare à nouveau que les deux époux devraient être mis sous tutelle.
Un mois plus tard, Marie demande une pension de 100 dollars pour les enfants. Le trust de 20.000 dollars dont elle dispose ne lui suffit pas. Par la même occasion, elle demande l’éloignement de John de son salon de beauté et de ses clients.
 
 
 
En 1930, Marie vit seule à San Francisco. Ses enfants, Marie et Alfred, qui ont 8 et 11 ans sont placés au couvent Sainte-Catherine.
En 1940, Marie est divorcée et elle vite avec ses deux enfants qui ont 18 et 21 ans. Je ne sais pas où se trouve John.
 
 
Sources: The San Francisco Examiner (San Francisco, California) · Thu, Mar 8, 1928 · Page 19
The San Francisco Examiner (San Francisco, California) · Tue, Jun 11, 1929 · Page 21
 

ADN et triangulation sur la branche DOMERGUE

Il y a maintenant plus de 2 ans, mon père m’a « offert son ADN » pour Noël. Sachant que j’avais envie de me lancer dans les recherches de généalogie génétique et conscient qu’il n’était pas éternel, il m’a confié son ADN afin de le faire analyser par le projet Genographic de National Geographic. Les résultats ont ensuite été versé sur le site de FTdna.

Mes meilleures correspondances étaient (et sont encore) Suzanne et sa fille Odile. Le segment le plus long est de 20 cM. D’après le tableau du « Shared cM Project », nos ancêtres communs se situeraient entre la génération 5 et 8.

Par chance, la personne qui gère les résultats ADN de ces deux personnes a répondu très rapidement à mon message. Avant la fin de la journée, j’avais trouvé nos ancêtres communs dans nos arbres respectifs. J’ai choisi Odile, qui a le même âge que mon père, pour faire les calculs. Odile et mon père sont « 6th Cousin » donc leur couple d’ancêtres en commun sont leurs AAAAA-grands-parents. Il s’agit d’Antoine LESCURE et Marguerite DOMERGUE, mariés en 1755.

L’année suivante, ayant versé les résultats de mon père sur le site de My Heritage, je découvre une correspondance de 28 cM avec Alexia.Alexia me répond aussi assez rapidement mais son arbre est encore incomplet et nous ne trouvons pas d’ancêtres communs. J’utilise DNApainter et je me rends compte que le segment partagé avec Alexia se situe sur le même chromosome (au même endroit) que celui partagé avec Odile et Suzanne. Mais comment savoir s’il s’agit du chromosome maternel ou paternel? (nous avons tous deux chromosome 1)

Les résultats d’Odile ne sont que sur FTdna et ceux d’Alexia que sur My Heritage. Une triangulation ne peut pas être prouvée. Il ne me restait donc plus qu’à travailler sur l’arbre d’Alexia, en espérant trouver une piste. Mon père étant à 100% aveyronnais avec une branche issue du Cantal limitrophe, je me concentre sur les branches aveyronnaises d’Alexia. Plusieurs mois plus tard, grâce à la mise en ligne de certaines archives à Paris, j’ai pu remonter certaines branches d’Alexia et découvrir … Antoine LESCURE et Marguerite DOMERGUE parmi ses ancêtres!! Suzanne, Odile, Alexia et mon père possède donc tous un morceau d’ADN de ce couple du XVIIIe siècle. Alexia est plus jeune et a une génération de décalage avec Odile et mon père (6C1R).

Il y a quelques temps, je découvre sur My Heritage deux correspondances pas très fortes. Doria avec 9,9 cM et Céline avec 8,3. En temps normal, je ne m’attarderais pas sur ces correspondances si faibles mais ici, j’ai une triangulation avec Alexia. Doria et Céline ont toutes les deux une multitudes de noms aveyronnais dans leur arbre respectif mais ils ne remontent pas assez loin pour vérifier que Antoine LESCURE et Marguerite DOMERGUE y figurent. Pourtant, je suppose que, même si les segments d’ADN sont très courts, les ancêtres communs sont les mêmes pour Suzanne, Odile, Alexia, Doria, Céline et mon père. Qu’en pensez-vous?

Benjamin Paul ALLIGUIE – Emigration vers San Francisco

Départ de Flagnac

Le petit dernier de la fratrie joue un peu à cache-cache. Sur son acte de naissance, son père Adrien déclare qu’il se nomme Marie Gabriel. Pourtant, au recensement de 1891 à Flagnac (ferme de Bans), ce petit garçon de 5 ans porte le prénom usuel de Paul. Dans tous les documents administratifs aux USA, il se nomme Benjamin Adolphe Paul ou Benjamin Paul. Il faut jouer au chat et à la souris pour le suivre !

Paul, puisque c’est comme cela qu’il était appelé par sa famille proche, est né en 1886 à Flagnac. Il a cinq grands frères et une grande sœur. Ce sera le dernier enfant d’Adrien et Madeleine. On le retrouve avec sa famille aux recensement de 1891, 1896 et 1901.

Installation à San Francisco

En 1910, il habite à San Francisco sous le nom de Paul. C’est son frère ainé Léon et sa femme Octavie qui l’hébergent au début (Montgomery Avenue). Paul est employé dans l’hôtel de son frère. Il déclare alors qu’il est marié depuis le mois d’avril de cette même année avec Irene FABRE. Un des témoins au mariage est Alfred DELBEX, qui n’est autre que le beau-frère de son frère Firmin. Irène est une française de Decazeville qui est arrivée à Ellis Island en 1907 avec sa sœur Maria (qui épousera Baptiste FILHOL qui veuf, épousera une cousine germaine de Paul)  et 50 dollars en poche. Paul déclare qu’il est arrivé en Amérique en 1903. Il aurait donc quitté la France et sa famille à l’âge de 17 ans.

L’année de ses 20 ans, Paul vivait donc aux USA et ne s’est pas présenté pour son service militaire. Il est déclaré « absent » par l’administration militaire mais il rentre en 1913, ce qui lui permet d’être amnistié. Il est même rayé de la liste des insoumis au printemps 1914 car il souffre de lésions cardiaques et de dyspnée (essoufflement).  il est petit et corpulent, plutôt chauve, aux yeux marron avec des cheveux noirs. Le consulat de San Francisco maintiendra la décision de ne pas le rappeler sous les drapeaux en 1915 alors que la guerre bat son plein en Europe. Tout cela n’empêchera pas Paul de se rendre à la conscription de son pays d’adoption en 1917 alors qu’il ne deviendra citoyen américain que bien plus tard, en 1921. Il habite alors au 429 Kearny Street, où il est hôtelier. Il en sera de même en 1942 pour la seconde guerre mondiale (à une autre adresse : Bay Street) mais cela ne prouve pas qu’il aura combattu, ni en 1917 , ni en 1942. En fait, il est fort probable que, du fait de ses soucis cardiaques, il aura été réformé par la France et par les USA.

Le couple Paul et Irène

A peine deux ans après leur mariage, Paul et Irène ont eu la joie d’avoir une fille, Simone. Celle-ci grandira en fille unique dans l’hôtel de ses parents pendant presque 9 ans. Il semblerait que les affaires marchent bien à cette époque. Paul peut se permettre d’offrir un voyage à sa famille pour retourner en vacances à Decazeville. Ils y resteront un an (ce que l’on apprend dans la nécrologie de Simone). C’est donc à 9 ans que Simone prendra la bateau et découvrira la France. Elle rencontrera au moins son grand-père (je ne sais pas si Madeleine était encore en vie mais il me semble qu’elle l’était en 1918). Paul, Irène et Simone sont-ils partis avant ou après la mort de Maria (la soeur d’Irène) décédé en février 1920 ? Cela a-t-il même peut-être été un déclencheur pour retourner au pays? Je pense que la famille est partie pour une année scolaire à l’été 1920.

Paul et sa famille rentreront au mois de juillet 1921, quelques mois avant que sa femme accouche des jumeaux René et Raymond en octobre. Le voyage a dû être fatigant pour Irène. Malheureusement, pendant l’hiver, les jumeaux tombent malades tous les deux. Ils ont la grippe. Ils décèdent en février, à l’âge de 4 mois. D’abord Raymond, puis René le lendemain. C’est un déchirement pour Paul, Irène et Simone. Simone en restera marquée toute sa vie. Ses descendants parleront de ce déchirement dans sa nécrologie: «  […] When the family returned they moved to the Ritz Hotel and she became a big sister to twin brothers. Sadly the boys passed at four months of age. […] »

Descendance

Simone se marie en 1937 avec René ROUQUETTE, un français né en Californie. Ensemble, ils ont une fille qu’ils prénomment Lorraine (comme la paquebot qui avait amené Irène et Maria aux Etats-Unis. S’agit-il d’une coïncidence ?). Celle-ci est mariée et a deux fils et une fille qui ont entre 38 et 47 ans aujourd’hui. Simone vivra 103 ans !

Paul, qui a été hôtelier toute sa vie, décède d’un problème cardiaque en 1970 et est inhumé sous le nom de “Benjamin Paul” au Holy Cross Cemetery comme ses frères et cousins. Il avait 84 ans. Irene ne lui survivra que 3 ans.

Sources:

  • AD12 – registre des naissances de Flagnac
  • AD12 – recensement de 1891, 1896, 1901 et 1906 à Flagnac (Bans)
  • AD12 – registre matricule de 1906 (attention : indexé sous le nom de ALLIQUIE)
  • Census 1910, 1920, 1930 et 1940 (recensement fédéral en Californie)
  • Conscription WW1 et WW2
  • Ellis Island – liste des passagers – 26/5/1907 pour Irène et 2/7/1921 pour toute la famille
  • Naturalisation : California, San Francisco County Records, 1824-1997, FamilySearch 
  • Record of funeral pour Paul et Irène
  • Findagrave.com pour Simone: https://fr.findagrave.com/memorial/149940720/simone-rouquette

Léon ALLIGUIÉ – Emigration vers San Francisco

Départ de Flagnac

Quand Léon (François) nait le 12 mai 1878 à la ferme de Bans (Flagnac), il a quatre grands frères (Firmin 8 ans, Adolphe 6 ans, Louis 4 ans et Henri 2 ans). Il aura par la suite une petite sœur et deux petits frères. Malheureusement, le petit Henri mourra à l’âge de 4 ½ ans alors que Léon n’en avait tout juste que trois. Il n’en avait donc pas de souvenir.

Lorsqu’il a 16 ans, son frère ainé Firmin part pour la Californie. Deux ans plus tard, c’est au tour de son autre frère, Louis, de s’expatrier. Léon aurait dû se présenter au service militaire en 1898, l’année de ses 20 ans, mais je ne trouve pas sa fiche matricule donc je ne sais pas s’il est insoumis ou simplement renvoyé chez lui pour une raison ou pour une autre. Lorsqu’en 1899, son frère Adolphe se marie et fonde une famille, Léon prend une décision pour son avenir et part, lui aussi, pour la Californie. Les parents ALLIGUIÉ voient donc partir un troisième fils à l’autre bout du monde, sans savoir s’ils se reverront.

 
 
Louis ALLIGUIÉ en 1919

 Installation à San Francisco

Je n’ai pas pu retrouver l’arrivée de Léon à Ellis-Island mais je sais qu’il y arrive en juillet 1900 car il le déclare à l’administration des années plus tard. Il a 22 ans. Il rejoint sûrement Firmin qui possède un hôtel et pourra donc le loger dans un premier temps. Ceci était très courant à cette époque. Beaucoup de Français géraient des hôtels, ce qui leur permettaient d’aider les nouveaux arrivants à se retourner. La solidarité entre Aveyronnais était forte. 

Alors cuisinier dans un restaurant français, Louis se marie à San Francisco le 21 décembre 1907 avec Octavie FOUGOUS, native de Decazeville, immigrée en 1903, alors qu’il avait fait la cour, les mois précédents, à une certaine mademoiselle ROMIGUIÈRE. Cette dernière lui avait intenté un procès pour « fiançailles rompues » et avait reçu 1000 dollars de dommages et intérêts (voir article). Quelques années plus tard, le couple Louis-Octavie aura deux enfants : Adrienne en 1913 et Roger en 1915. Léon est alors hôtelier. La famille vit au 668 Stockton Street.

En 1916, Léon devient citoyen américain comme une grande partie des Aveyronnais de la ville. Au recensement militaire en 1918, il est propriétaire de son hôtel. Son plus proche parent (à prévenir en cas d’urgence) est son frère Firmin qui réside au 1300 Brodway (SF). Louis est grand et corpulent, avec des yeux et des cheveux noirs. Je ne sais pas s’il partira se battre en France.

 
Conscription militaire pour la Première Guerre Mondiale en 1917
 

En 1919, Louis est propriétaire de l’hôtel Vincent au 459 Turk Street. Il demande à son associé Ch Sylvain de gérer l’hôtel en son absence. Il veut partir en France dans le but de ramener son beau-père malade. Comme il ne pourra pas gérer en même temps son autre hôtel au 668 Clay Street, il le vend la veille de son départ. Finalement, il reviendra en septembre 1920 avec sa femme et ses deux enfants, mais sans son beau-père. Sur sa demande de passeport en août 1919, sa femme dit vouloir rentrer en France pour « family business ». Octavie a 37 et déjà les cheveux gris.

 
Octavie FOURGOUS avec Adrienne et Roger (en 1919)
 

Dans les années 1930, Léon, Octavie et leurs deux enfants vivent au 555 Eddy Street. Léon est toujours hôtelier et Octavie femme au foyer. Dans le années 1940, Louis s’engage à nouveau, pour la Seconde Guerre Mondiale cette fois-ci. Il dit que la personne à contacter en cas d’urgence est son frère Paul (Bay Street). On voit bien que les frères ALLIGUIE continuent à se fréquenter très régulièrement dans cette immense ville.

Descendance

Adrienne, la fille de Léon, épouse Auguste (Rémy) ECHE, né dans l’état de Washington de parents français. Ensemble, ils ont un fils Robert (Auguste) qui se fera malheureusement assassiné à 22 ans par le tueur en série Stephen Nash (voir article). Roger épouse en 1950 Simone REVEL. Le couple n’aura pas d’enfant.

Louis décède le 7 juin 1943 à l’âge de 65 ans sans savoir que son petit-fils ne vivra pas assez longtemps pour fonder une famille. Octavie décède bien des années plus tard en 1966 d’une thrombose cérébrale à l’âge de 82 ans. La branche « Louis ALLIGUIE » s’éteint.

Sources :

  • AD12 – registre des naissances – Flagnac (pour Léon et toute la fratrie)
  • AD12 – recensement 1891 et 1896 – Flagnac
  • Recensement fédéral en Californie 1910 et 1930
  • Recensement militaire WW1 et WW2
  • Demande de passeport d’Octavie et de Léon en 1919
  • Mariage Adrienne et Auguste : registre des mariages de Californie
  • Registre des arrivées à Ellis Island en 1920
  • Décès Octavie : registre funéraire

Louis ALLIGUIÉ – Emigration vers San Francisco

Comme je le disais en commençant cette série d’articles sur les émigrants aveyronnais, je ne sais pas grand-chose sur Louis. Je ne trouve que très peu de documents qui me permettraient d’en savoir plus.

Louis (Zacharie) ALLIGUIÉ est né le 1874 à la ferme de Bans à Flagnac. Il est le troisième fils de la famille après Firmin et Adolphe. Comme la plupart des jeunes hommes à cette époque dans cette région, Louis est mineur (sans doute à Decazeville ou à Aubin). Lorsqu’il a 20 ans, il se présente à la conscription militaire. Il dit habiter à Flagnac, sans doute à la ferme familiale. Il ne part pas tout de suite au service car son frère ainé Adolphe est encore sous les drapeaux. Il est incorporé en novembre 1895 pour 10 mois seulement. Il est petit et corpulent, il a des signes au visage (cicatrices ?), les cheveux bruns, les yeux gris et il est très peu instruit.

Installation à San Francisco

Il part ensuite pour la Californie où il s’installe moins de deux mois après la fin de son service (21 novembre 1896). Louis est en règle avec l’administration française (je suppose qu’il est inscrit au consulat), il ne doit donc pas faire de période d’exercices. Mais en 1914, quand la guerre éclate et qu’il ne rentre pas, il est déclaré insoumis.

On ne sait pas quand il a épousé Marta mais on les retrouve mariés depuis environ 10 ans au recensement de 1910 à San Francisco. Il a 35 ans et elle 40. Pour Martha, il s’agit d’un second mariage. Elle est mère de deux enfants (vivants) de son premier mariage mais il semblerait que ceux-ci ne vivent pas avec eux. Sont-ils déjà adultes ou vivent-ils avec leur père ? Martha est sans doute née à Flagnac et elle est arrivée également aux USA en 1896. Malheureusement, son nom de famille m’est inconnu, donc je ne peux pas en savoir plus. Contrairement à la France, les USA nomme les femmes mariées par leur nom marital dans tous les actes.

Louis est tout à tour cuisinier, caviste, blanchisseur, chauffeur, couvreur, travaille dans un laboratoire (Stauffer Chemical Co., fabricant d’herbicides), fabricant de boîtes de conserve.

En août 1917, Louis étant naturalisé américain et peut donc s’engager dans l’armée des USA qui va aller se battre en France. A ce moment-là, il indique habiter au 226 Ripley (SF), il travaille comme « laundry driver », ce qui veut dire qu’il récupère le linge sale, le lave et le ramène. Il est propriétaire associé de son entreprise située au 19th Bryant Street.

En 1920, au recensement fédéral suivant, Louis et Martha vivent encore ensemble au 226 Ripley Street à San Francisco. Louis a 45 ans et Martha 51. Ils sont tous les deux citoyens américains depuis 1912, d’après les renseignements qu’ils ont donnés à l’agent recenseur. Je n’ai pas trouvé leurs demandes de naturalisation. Entre 1910 et 1920 mais en particulier à partir de 1916, les français de San Francisco sont invités à se faire naturaliser afin de pouvoir voter et ainsi participer aux décisions politiques de la ville. Les blanchisseries en particulier devaient payer de lourdes charges. Comme beaucoup de Français immigrés tenaient des blanchisseries ou y étaient employés, il était important d’avoir son mot à dire (voir Annick Foucrier).

Décès précoces

Impossible de savoir ce qui se passe ensuite. Louis décède à l’âge de tout juste 50 ans le 31 décembre 1924. Il est inhumé au Holy Cross Cemetery à Colma comme la plupart des immigrés français catholiques de San Francisco.

Martha le suit dans la tombe à peine 4 mois plus tard en avril 1925. Elle décède ses suites d’une embolie cérébrale. Son beau-frère Léon ALLIGUIÉ est témoin aux pompes funèbres. Il affirme qu’elle avait 70 ans, or si elle en avait 40 en 1910 et 51 en 1920, elle n’avait environ que 55 ou 56 ans ! Peut-être faisait-elle bien plus vieille que son âge 😉

Sources :
Naissance : AD12 – registre des naissances de Flagnac 1974 pour Louis.
Service militaire : AD12 – registres matricules 1R806 fiche 208 pour Louis.
Recensement fédéral en Californie: United States Census, 1910, FamilySearch pour Louis et Martha.
Métiers : annuaires de San Francisco sur ancestry.com
Naturalisation le 2/08/1917: California County Naturalizations, 1831-1985, FamilySearch pour Louis.
Engagement dans l’armée américaine: United States World War I Draft Registration Cards, FamilySearch pour Louis.
Histoire des français à San Francisco : Annick Foucrier (1998) : « Des identités régionales à l’unification nationale par l’intégration politique. Les Français à San Francisco au tournant du siècle et le club Lafayette (1916) ». Dans « Des modèles en questions : Villes, culture, citoyenneté en Amérique du Nord ». Edition du Conseil Scientifique de l’université Charles-de-Gaulle – Lille 3.
Décès: California Death Index, 1905-1939, » database with images, FamilySearch pour Louis. California, San Francisco County Records, 1824-1997, FamilySearch et findagrave.com pour Martha.

Firmin ALLIGUIÉ: Emigration vers San Francisco

Firmin ALLIGUIÉ est né à Flagnac en 1870. Son père est cultivateur et la famille (élargie) vit à la ferme de Bans. Firmin est l’ainé de 8 enfants : 7 garçons et une fille. Un de ses petits frères, Henri, meurt à l’âge de 5 ans quand Firmin avait 11 ans. Pour ses 20 ans, Firmin se présente au service militaire mais il est dispensé car l’ainé d’une grande fratrie. Il fera simplement un court service en 1891. Il est mineur, sans doute à Decazeville.

En 1894, il arrive à Ellis Island sur le bateau « La Bretagne » en provenance du Havre. Il a alors 24 ans et il possède 2 bagages. Une jeune femme de sa région a voyagé sur le même bateau. Il s’agit de Séraphie RECLUS, âgée de 26 ans, femme de ménage. Elle arrive aux USA avec 1 seul bagage. Firmin et Séraphie se connaissait-il avant le départ ou se sont-ils rencontrés sur le bateau ? Le fait est que ces deux aveyronnais se marient 4 ans plus tard à San Francisco. Firmin est alors boulanger.

 
Firmin ALLIGUIÉ et Séraphie RECLUS vers 1900

En 1900, leur fille Hélène vient au monde en Californie. Malheureusement, Séraphie meurt en 1904 à l’âge de 36 ans alors qu’Hélène n’a que 4 ans. Firmin continue tout d’abord sa vie à San Francisco, sa sœur Anastasie l’aide à s’occuper de sa fille, puis finalement rentre en France où il rencontre (ou retrouve?) Angèle DELBECH. Ils se marient à Flagnac en 1908.

 
Firmin ALLIGUIÉ et Angèle DELBECH vers 1909
 

Firmin a déjà la nationalité américaine (depuis 1907), Angèle devient américaine par mariage. Quelques semaines plus tard, ils partent aux USA sur le navire « La Savoie ». Firmin est alors commis (« clerk »). En 1909, Firmin et Angèle ont un fils, Marius.

Firmin est certes américain mais la France lui demande tout de même d’honorer ses devoirs. En 1910, il est dispensé de périodes d’exercices dans l’armée car il habite hors de l’Europe mais en 1915, quand il est appelé pour la guerre, il ne se présente pas (il a 45 ans) et est déclaré « insoumis ».

Firmin vit à San Francisco avec sa seconde femme et ses deux enfants. Il est copropriétaire d’un hôtel modeste avec ses frères au 967 Jackson Street.

En 1923, à 53 ans (il ne plus pu être arrêté par l’armée française pour insoumission), il fait à nouveau un voyage pour la France avec sa femme et son fils Marius (14 ans). Sans doute pour faire découvrir le pays au jeune adolescent.

Un article de journal parle de la famille et fait le lien avec d’autres cousins de Decazeville. “Mr. and Mrs. E. A. Domergue [Edouard & Marie Louise] drove from San Francisco Saturday and enjoyed an over Sunday stay at the home of Mrs. Domergue’s parents, Mr. and Mrs. A. Marquet [Adrien et Maria]. Mr. and Mrs. F. Alliguie [Firmin & Sérapgie] and son Marius are also guest of Mr. Marquet, who is a cousin of Mr. Alliguie, who with his family lives in San Francisco. Originally Mr. Domergue [Edouard] went to San Francisco to work on the Golden Gate bridge but has severed his connection with the span and now has a nice position with a big bakery. Mrs. Domergue also, has employment and, so well have they done, Mr. and Mrs. Domergue arc shortly to purchase a home in San Francisco.” (Ukiah Republican Press 1936)

Hélène se marie avec un italien nommé Joseph FEA.

 
Hélène ALLIGUIÉ et Joseph FEA

Ils sont tous les deux naturalisés américains. En 1922, ils ont une fille Laurette. En 1927, ils font un voyage en Italie. Sur les registre du bateau, les noms ont été traduits en italiens : Giuseppe, Elena et Lauretta. On retrouve la famille en 1940 dans le recensement fédéral. Ils vivent à San Francisco : Joseph (50 ans, né en Italie, naturalisé américain, manager d’un hôtel), sa femme Helene (40 ans, née à San Francisco, femme au foyer), et leur fille unique Laurette Louise (18 ans, née à San Francisco, sténographe dans les assurances). Hélène décède en 1980.

Marius, lui, est encore célibataire en 1940. Sur sa carte de militaire, il inscrit le nom de son père comme personne à contacter en cas d’urgence. Il travaille au « trust department » dans une banque. Il a gagné 1200 $ en 1939 pour 52 semaines de travail. Marius ne se mariera pas et n’aura pas d’enfants. Il est décédé en 2000.

Marius ALLIGUIÉ

Laurette, la seule petite-fille de Firmin donc, épouse Raymond BERGEZ, fils de Vincent BERGEZ et Noëlie CAMGROS, tous les deux originaires d’un petit village non loin de Pau (Oloron Sainte-Marie), avec qui elle aura une famille nombreuse (5 garçons et une fille, Denise) et 13 petits-enfants. Elle décède en 2010, 5 ans après son mari Raymond. Aujourd’hui, la génération suivante compte déjà 16 enfants, plus un prévu pour février 2020.

 
Laurette FEA et Raymond BERGEZ
 

Firmin décède en 1960, deux ans après sa femme, à San Francisco à l’âge de 80 ans après avoir eu la chance de voir naitre ses 6 arrière-petits-enfants pendant les 15 dernières années de sa vie. Il est  inhumé au Holy Cross Catholic Cemetery à Colma.

Sources:

Liste des passagers étrangers à Ellis Island et recensement américain (familysearch.org) / état civil de Flagnac et registre matricule de Firmin (AD12 en ligne) / propos de Denise B.

1000 dollars pour avoir rompu ses fiançailles

Je viens de découvrir un article de presse qui parle d’un de mes cousins de San Francisco en janvier 1908: Léon ALLIGUIE (de la branche DOMERGUE). Je ne résiste pas à l’envie de le partager avec vous (traduit de l’anglais).

Source: « San Francisco Call, Volume 103, Number 21, 21 December 1907 »

 

UNE FEMME ABANDONNÉE A REÇU 1000 $ DE LA JUSTICE

La « Grande Passion » de L. Alliguié, qui s’est soudainement éteinte, s’avère coûteuse. « Je l’aimais », gémit Mlle Romiguière, mais sourit aux dégâts. Mlle A. Romiguière, une charmante petite Française, s’est vu accorder 1000 $ par le juge Hunt hier, dans son procès contre L. Alliguié pour rupture de promesse de mariage. Alliguié est cuisinier, employé au restaurant New Frank, et le 21 décembre, le jour où la plainte a été déposée, il a épousé Octavie Fourgous. Il n’a pas tenté de se défendre et n’a pas été représenté à la cour hier. Mlle Romiguière a été le seul témoin interrogé. Elle a insisté sur le fait qu’elle était très déçue et blessée par le refus d’Alliguié de l’épouser. « Étiez-vous très attachée à lui ? – L’aimiez-vous ? » demanda le juge Hunt. « Je l’aimais bien », répondit Mlle Romiguière. « Je ne me serais pas fiancée avec lui autrement ». « L’avez-vous pris à cœur ? » « Certainement. » Ils s’étaient fiancés le 2 janvier 1907, a-t-elle dit à la cour. Il venait très souvent, lui offrait des cadeaux et restait amical jusqu’à la fin d’octobre, quand il a soudainement cessé de lui rendre visite. Elle dirige une maison d’hôtes et Alliguié lui prenait plusieurs heures de son temps chaque jour en lui rendant visite. Elle a témoigné qu’Alliguié gagne 24 $ par semaine et qu’il a 2 000 $ ou 3 000 $ sur son compte en banque. En répondant au le juge, Mlle Romiguière a dit que « tout le monde » savait qu’Alliguié la courtisait. Elle n’était plus fiancée maintenant. « Il est très difficile de déterminer les dommages et intérêts », a observé le juge Hunt à l’avocat de la fille. Après avoir réfléchi au problème pendant quelques minutes, le juge a évalué les dommages, pour Mlle Romiguière, à 1.000$. Elle semblait très satisfaite du verdict, mais a refusé de parler de l’affaire.

 
Léon ALLIGUIÉ en 1919
 

Edouard DOMERGUE – Emigration vers San Francisco

Edouard (Abel) DOMERGUE est un des petits frères d’Elina et donc un oncle de ma grand-mère. Né en 1892, il embarque en 1913 sur « La Lorraine » au Havre afin de rejoindre sa sœur à San Francisco.

En août 1914, quand la première guerre mondiale éclate, il est déclaré « déserteur » puisqu’il ne se présente pas à son régiment. Mais en 1917, il s’engage dans l’armée américaine. Pour cela, il demande et obtient sa naturalisation le 28 mai 1918. Il embarque pour la France le 6 juillet 1918 pour combattre avec l’armée américaine sur le sol français. Etant encore considéré comme déserteur par la France, il ne pourra pas rendre visite à ses parents.

En 1922, il épouse Marie Louise MARQUET, une cousine au quatrième degré (également une descendante DOMERGUE/LESCURE), qui vit depuis 1906 avec ses parents à Ukiah, Mendocino.

Edouard et Marie Louise déménagent très fréquemment. Edouard change souvent de métier. Il participe même à la construction du Golden Bridge. Le couple n’a pas d’enfant mais beaucoup d’amis dans la communauté française de San Francisco. Edouard envoie des photos de ses sorties du dimanche à sa mère.

Pendant la seconde guerre mondiale, Edouard travaille, comme nombre d’émigrants français, dans une blanchisserie. Il récupère les vêtements non réclamés par les clients et les envoie à sa famille dans l’Aveyron. Il ajoute à ces paquets des bas en nylon, qui étaient encore extrêmement rares en France à cette époque!

A la fin de sa vie, Edouard est propriétaire de son petit commerce. Il meurt d’un problème cardiaque en 1963 à l’âge de 71 ans sans être jamais revenu dans l’Aveyron. Sa femme Marie Louise vivra jusqu’en 1992 (92 ans). Ils reposent tous les deux au Holy Cross Cemetery à Colma, San Mateo.