Noël François FERLUS (arrière-grand-père de ma grand-mère)

Enfance (1828 à 1841) et adolescence (1848)

Noël François nait le 22 décembre 1828 à Béziers, rue Saint Aphrodise (maison Siffre), il y a donc bientôt 189 ans. Il est le fils d’Antoine Etienne François FERLUS et de Marie-Thérèse CHAVARDÈS. Il est déclaré à la mairie par une sage-femme.

Ses grands-parents paternels sont décédés tous les deux un an auparavant. Il ne les connaitra donc pas. Il a 5 sœurs ainées âgées de 6 à 16 ans (Marie, Marie-Françoise, Rose-Françoise, Françoise « Julie » et Euphrosine) et 3 frères ainés âgés de 2 à 5 ans. (« Jean » François, Jean-Baptiste et Guillaume). Il est le petit dernier de la famille. Sa mère a 36 ans, son père 38.

En 1828, c’est Charles X qui est Roi de France. Les habitants de Béziers (au nombre de 16.500) sont plutôt opposés à la monarchie. Béziers est une ville républicaine et laïque. En 1830, c’est la monarchie de juillet et c’est Louis-Philippe qui monte sur le trône. En 1830 et 1831, la colère contre le Roi gronde et il y a des émeutes au sein de la ville.

A partir de 1830, l’instruction populaire connaît un fort développement. En 1833 nait l’enseignement primaire public. Une école doit être construite dans chaque ville de plus de 6000 habitants. A Béziers, l’ouverture des écoles s’accélère mais il semblerait que Noël François n’est pas été scolarisé alors qu’il avait 6 ans en 1834. En 1840, l’année de ses 12 ans, 64% des biterrois et 33% des biterroises sont pourtant scolarisés dans les écoles communales.

A Béziers, l’enceinte médiévale disparaît, le réseau d’eau potable se développe. Les allés sont construite, la citadelle aplanie. En 1838, la statue de Paul Riquet est érigée.  La culture de la vigne est en plein essor. Mais les maires de Béziers sont, entre 1830 et 1848, des bourgeois. Les tonneliers se mettent en grève en 1835 et les cultivateurs en 1840. Le père FERLUS est cultivateur et ramonet (employé agricole) donc la famille a dû être impactée par cette grève.

En 1830, on assiste à une pandémie de grippe, en 1831 à une épidémie de variole, l’année suivante à une épidémie de choléra. De 1835 à 39, la tuberculose est la première cause de décès.

Au cours de sa jeunesse, il assiste au mariage de la plupart de ses frères et sœurs : Marie avec Alexandre Guillaume AMIGUE (traceur de pierre) le 13 juillet 1836, il a 8 ans ; Marie-Françoise avec Antoine RASPAT le 23 août 1842, il a 14 ans ; « Julie » Françoise avec Balthazar MURATEL le 11 novembre 1845, il a 17 ans ; Jean-Baptiste avec Marie Anne Jeanne SERISSE le 9 février 1847, il a 19 ans ; Euphrosine avec Bernard Henri IMBERT (rentier) le 12 février 1848, il a 20 ans ; quelques mois plus tard Guillaume (chaudronnier, limonadier, cafetier) avec Alexandrine Françoise SINQ le 31 mai 1848.

En 1841, Marie sa sœur ainée décède à l’âge de 29 ans. Noël François en a 13.

Jeune adulte (1849 à 1868 – 40 ans)

En 1849, son dernier frère Jean, de 2 ans son ainé, se marie avec Marguerite ROME le 13 novembre 1849 puis avec Jeanne Mélanie LAFOI le 26 mai 1852. On se marie donc jeune dans cette famille. Tous les enfants sont mariés entre 22 et 28 ans, la plupart vers 24 ans. Il semblerait que les garçons ne soient pas allés faire leur service militaire …

Tout juste un an plus tard, le 7 novembre, c’est Noël François qui se marie à l’âge de 21 ans. Il semblerait donc qu’il ne soit pas appelé pour le service militaire car sinon il y serait depuis un an (et encore pour 6 ans !). Sa femme s’appelle Catherine Anne « Annotte » SALASC, également habitante de Béziers. Leur union a lieu le 7 novembre 1850 à Béziers. A son mariage, Noël François déclare être « jardinier », ce que l’on pourrait interpréter par « maraichers » de nos jours. Plus tard, on trouve la mention « marchand de fruits ». A leur mariage sont témoins : son frère Jean (François) FERLUS, plâtrier, Etienne FERLUS, son cousin germain (fils du frère de son père), chaudronnier ainsi que deux amis. Leurs parents respectifs sont présents également. Ni Noël François, ni sa femme, ni ses parents, ni sa belle-mère ne savent signer. Seuls le père SALASC, propriétaire cultivateur, signe avec les témoins et le représentant de l’Etat Civil. Alors que 66% des hommes de la classe 1846 savent lire et écrie, Noël François est analphabète. Un mois plus tard, il perd sa mère qui meurt à l’âge de 58 ans (une nouvelle épidémie de choléra gronde …).

Depuis 1848, c’est Louis-Napoléon qui gouverne la seconde République. Après le coup d’état en décembre 1851, à Béziers des milliers de personnes se rassemblent au cimetière vieux. Pendant les émeutes, 70 personnes du peuple sont tuées, des dizaines seront arrêtées dans les jours suivants. Il est fort probable que ces émeutes ont fortement impressionné Noël François. Il y a même peut-être pris part.

A Béziers, le théâtre est construit en 1844, ainsi que le pont-canal et le pont neuf. En 1857 est inauguré la gare de Béziers et en 1875 le plateau des poètes. Béziers continue à se développer.

Le 10 octobre 1851, soit 11 mois après la nuit de noces, le premier enfant de Noël François et Annotte nait. Il se nomme François dans la pure tradition familiale ! La famille habite alors au 10 Rue Neuve (maison Missiac) aujourd’hui la rue Sait Vincent de Paul, tout près des Halles. Sur l’acte de naissance, c’est le grand-père paternel François SALASC qui signe. Noël François ne signe pas. Le 30 juillet 1854 nait un deuxième fils, Etienne. L’acte de naissance est semblable à celui du premier enfant. Le 2 janvier 1861, le couple aura une fille, Julie, qui décède un mois plus tard. En 1862 meurt sa sœur ainée, en 1867 son père. Il se retrouve donc orphelin de père et de mère alors qu’il n’a que 39 ans.

En 1870 éclate la guerre contre la Prusse. Rien ne laisse penser que Noël François y participera car on ne retrouve aucun acte de conscription. Noël François ne semble pas avoir été propriétaire de son logement car on ne retrouve aucun acte d’hypothèque.

Décès

Noël François meurt le 28 juillet 1879 à l’âge de 51 ans. Il assistera au mariage de son fils ainé François avec (Sophie) Noëlle CASTEL en 1874 et même s’il a pu assister à celui d’Etienne avec Marie VIDAL en avril 1879, il ne connaitra jamais son seul petit fils (François comme la plupart des fils ainés de la famille) qui naitra en 1880. Il n’aura pas la douleur de voir mourir son fils cadet Etienne à peine 2 ans plus tard.

On lit sur son acte de décès qu’il est décédé chez lui, rue des sœurs grises où était née sa mère et où vivaient ses parents, son fils François et sa belle-fille Noëlle « Tata Noëllie ». Un des témoins est Etienne SALASC, certainement un parent par alliance.

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