Né au mois de février, il y a 170 ans: Pierre COLOMBIER (1848-1916)

Né au mois de février, il y a 170 ans: Pierre COLOMBIER (1848-1916)

Pierre COLOMBIER (époux de Marie MONIS) est le grand-père maternel de ma grand-mère Jeanne, soit mon sosa 30.

Les COLOMBIER sont originaires de Lunel et ce depuis au moins la fin de XVIIe siècle où je remonte à un Guillaume COLOMBIER marié à une Elisabeth FABRE. Pierre (sosa 30) est le quatrième « Pierre » de la lignée : Guillaume (sosa 480) –>Pierre (240) –>Pierre (120) –>Pierre (60) –>Pierre (30) –>Jeanne (15) –> Jeanne (7) ma grand-mère!

C’est à cause de cela que j’emploie ici les numéros « sosa » spécifiques à la généalogie et qui permettent de situer un ancêtre.

Lunel se situe entre Montpellier et Nîmes. La plaine de la « petite Camargue » permet l’élevage des taureaux noirs et des chevaux blancs de la race Camargue des manadiers. La plaine littorale et les coteaux se prêtent à la vigne. Les COLOMBIER sont d’ailleurs tonnelier de père en fils depuis des générations.

A la naissance de Pierre, il y a environ 6700 habitants à Lunel. Dans la région, c’est une ville importante pour le commerce.

Les parents de Pierre sont donc Lunellois tous les deux. Ses grands-parents paternels, Pierre COLOMBIER et Elisabeth BERNARD ainsi que ses grands-parents maternels Maurice VACHE et Catherine VEDEL vivent à Lunel. Pierre ne connaitra pas grand-père Maurice, décédé 12 ans avant sa naissance et seulement très peu grand-Mère Catherine qui décède lorsque Pierre a deux ans. Mais il aura la chance de grandir avec ses grands-parents paternels jusqu’à l’âge adulte (entre 30 et 37 ans).

Son père Pierre (60) a plusieurs frères et sœurs (4 frères dont deux morts en bas âge, et deux sœurs). D’après les recensements, cette fratrie et leurs parents ont vécu longtemps tous ensemble.

Sa mère Antoinette VACHE a au moins un frère Jean Maurice qui vit aussi à Lunel (en 1851, il est même recensé chez sa sœur et son beau-frère).

Pierre (30) est le premier enfant du couple Pierre/Antoinette. Il nait 18 mois après le mariage de ses parents.

 
acte de naissance de Pierre
 

Viennent ensuite Maurice Auguste en 1851 et Adelaïde en 1856.

La mère de Pierre, Antoinette, meurt en 1869 à Béziers alors qu’elle n’a qu’environ 45 ans. En 1856, toute la famille habite encore à Lunel. Quand ont-ils déménagé à Béziers et pourquoi ? Il est fort probable que Pierre (le père) ait eu des relations commerciales avec des biterrois.

En 1868, Pierre doit faire son service militaire. Il est alors tonnelier et domicilié à Béziers. Pierre sera soldat de la Garde Nationale Mobile (c’est encore Napoléon III qui est au pouvoir) et fera la guerre franco-prussienne de 1870-71. On découvre son apparence décrite sur le registre matricule : cheveux et sourcils châtains foncés, yeux châtains, front découvert, nez petit, bouche moyenne, menton a fossette et visage ovale. Pas de marque particulière.

registre matricule
Sa femme Marie (Thérèse) MONIS:

Marie a un an de moins que Pierre. Ses parents sont André MONIS et Alexandrine PUEL, tous deux biterrois. Son grand-père paternel a été soldat de Napoléon Ier et a reçu la médaille Sainte-Hélène. Marie a un oncle paternel ainsi que deux frères ainés, tous deux tonneliers. La famille MONIS habite déjà rue d’En-Vedel, au coin de la rue Française (future librairie Ferlus).

Le mariage : il est facile de deviner comment Pierre et Marie se sont connus. Leur famille respective travaille dans le monde du vin et en particulier celui du tonneau de vin.

le métier de tonnelier au début du XXe siècle

Le mariage a lieu à Béziers le 25 octobre 1872. Les parents de Marie sont présents ainsi que le père de Pierre (sa mère est morte 3 ans auparavant). Les époux ne signeront pas de contrat de mariage. Leurs témoins ne font pas partie de leur fratrie, ce sont sûrement des amis (ils ont le même âge) : un peintre, un tonnelier et un plâtrier.

signatures au bas de l’acte de mariage

Le couple s’installe au 3 avenue de la gare à Béziers. En 1873 nait leur premier enfant, Louise, puis en 1875 Pierre, en 1878 Jeanne, mon aïeule, et en 1884 Louis. Tous les quatre grandiront et se marieront. Pierre et Louis seront tonnelier comme leur père et leur grand-père avant eux. Louise épousera un instituteur public et Jeanne un libraire.

En 1906, Pierre et Marie ainsi que leurs 4 enfants adultes (plus les gendres et les belles-filles) habitent à Béziers : Louise et Alfred GAYRAUD dans le quartier des poètes (rue du Midi), Pierre et Marie BESOMBES dans le quartier de la citadelle (rue du fer à cheval), Jeanne et François FERLUS dans le quartier de la Madeleine (rue Paul Riquet) et enfin, le fils le plus jeune Louis et sa femme Jeanne FAU, hébergés chez le couple Pierre COLOMBIER et Marie MONIS, dans le quartier de poètes (rue de l’hirondelle).

 

La fratrie COLOMBIER (+ Jeanne FAU)

Pierre (30) décède le 15 octobre 1916 à Béziers, rue des sœurs grises (maison de la famille SALASC et FERLUS). A la fin de sa vie, il était aveugle et portait des lunettes bleues. Il aura eu la chance de connaître la plupart de ses petits-enfants (sauf France FERLUS, née en 1917 et Robert COLOMBIER né en 1920). Il avait 68 ans.

 

Née au mois de janvier il y a 158 ans: Marie VIDAL (1860-1948)

Marie VIDAL (épouse FERLUS) était la grand-mère paternelle de ma grand-mère Jeanne.  Elle est née à Béziers mais ses parents étaient tous les deux originaires du Tarn qui devient donc un nouveau département de recherches pour moi.

Contexte historique

Marie VIDAL a vécu pendant la deuxième moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe. Elle aura vécu la guerre franco-prussienne en 1870/71 lorsqu’elle était enfant ainsi que la chute de l’Empire, l’industrialisation de la France, en particulier le développement économique de la ville de Béziers mais aussi les deux guerres mondiales.

Ascendance et fratrie

Les parents de Marie sont originaires du Tarn. Son père, Jacques VIDAL, est né le 3 avril 1823 au Vintrou, un tout petit village de 400 habitants (aujourd’hui, il en reste à peine 80), non loin de Mazamet. La famille VIDAL est propriétaire au Mariech, un hameau du Vintrou.

Sa mère, Jeanne ALBERT, est née le 16 décembre 1832 à Castelnau-de-Brassac, un village de 4500 habitants (800 aujourd’hui). Elle est la fille d’un tisserand. Les deux villages sont éloignés de 20 km l’un de l’autre mais c’est une région montagneuse (Monts de Lacaune). A pied, on mettait près de 4h30 pour aller de l’un à l’autre. 

 
 
 
 

Jacques et Jeanne se marient à Béziers. Je ne sais pas s’il se sont rencontrés dans le Tarn et sont partis ensemble pour Béziers ou s’ils sont venus s’installer à Béziers chacun de leur côté et qu’ils se sont rencontrés dans un groupe de Tarnais exilés à Béziers. Ce genre de groupe régional était fréquent à cette époque.

C’est donc à Béziers (à 90 km de leur village de naissance) que Jacques et Marie s’unissent le premier mars 1854. La mère de Jacques est décédée en 1841 mais son père fait le déplacement et assiste au mariage de son fils. Les parents de Jeanne ne sont pas présents. Jeanne présente leur consentement écrit, signé devant notaire. Jacques est alors scieur de long, Jeanne est sans profession. Que faisait-elle donc seule à Béziers?

Un an après leur mariage né un premier enfant Jacques qui décède 2 ans plus tard.

 
 
 

Naissance et enfance de Marie

Trois ans plus tard, le 24 janvier 1860 nait Marie VIDAL, le deuxième enfant du couple. Son père a 37 ans, sa mère 28. Alors que la famille vivait encore au 23 place du cirque trois ans auparavant, elle habite à cette date au faubourg du pont, route Impériale, maison Gayet. Certainement sur l’actuelle D612B, avenue Henri Galinier.

 
 
 

Marie est fille unique. Il semblerait qu’elle n’aille pas à l’école dans son enfance. Lorsqu’elle a 11 ans, son père décède (il avait 48 ans). Il meurt à son domicile (14 rue Cordier). Etait-il malade ou s’était-il blessé en pratiquant son métier ? Jeanne se retrouve veuve à 39 ans. Elle ne remariera pas. Marie grandit donc uniquement avec sa mère.

Son mari Etienne FERLUS

Etienne est le deuxième fils de François Noël FERLUS (voir ici). Il a 6 ans de plus que Marie. Il est fruitier. Son père était « jardinier » donc marchand de fruits et légumes. Je pense que « fruitier » est en fait le même métier et qu’il a dû l’apprendre avec son père. Son grand frère François est « représentant de commerce ». C’est donc toute une famille de commerçants. Marie a surement rencontré Etienne aux Halles de Béziers car ils y travaillaient tous les deux. Lui, vendeur de fruits et elle vendeuse de volailles et lapins.

Le mariage

A sa naissance, Etienne se nomme FARLUS. Depuis quelques générations, il y a, sur certains actes d’état civil, une faute dans l’orthographe du nom de famille. Ceci est surement dû à la prononciation du nom dans le sud. Etienne ne fera rectifier son nom par le tribunal d’instance de Béziers qu’en 1895. Le nom du couple est donc officiellement FARLUS au moment de leur mariage.

Marie VIDAL et Etienne FARLUS/FERLUS se marient le 19 avril 1879. Marie a 19 ans. Les parents d’Etienne sont présents tous les deux (François Noël assiste de justesse au mariage de son fils, il décède 3 mois plus tard) ainsi la mère de Marie (veuve depuis des années). Les fiancés habitent chacun chez leurs parents respectifs. Marie et Etienne ne passent pas de contrat de mariage devant notaire. Les témoins sont Victor BAUDRAN, carrier, 28 ans ; Isidore BENNES, serrurier, 31 ans ; François GUINOT, plâtrier, 26 ans et Jean PLANES, plâtrier, 29 ans. Les quatre témoins signent l’acte de mariage avec Etienne et l’officier d’état civil. Les parents et Marie elle-même ne signent pas. Il semblerait donc que Marie ne sache pas écrire, mais je pense qu’elle sait compter : elle est marchande !

Vie commune

Neuf mois et demi plus tard, Marie accouche d’un garçon qui se prénomme François dans la plus pure tradition familiale. Malheureusement, son mari Etienne meurt alors que le petit François a à peine 18 mois. Marie se retrouve veuve à 21 ans avec un bébé.

Vie de mère et grand-mère

En 1883, soit 2 ans plus tard, un nouveau malheur s’abat sur Marie. Sa mère, Jeanne ALBERT, meurt à 51 ans. Elle s’installe alors avec Annote, sa belle-mère, elle-même veuve de François Noël, au 10 rue des sœurs grises (rue Saint Félix). Je pense que François, son beau-frère, vécut à cette même adresse avec sa femme Noëlie pendant quelques années car c’est le domicile indiqué à son décès en 1917.

Annote décède en 1901 à 70 ans. Un an plus tard, François, le fils de Marie, épouse Jeanne COLOMBIER. 

François Ferlus et Jeanne Colombier au début du XXe siècle
 
 
 
 

Marie peut à présent profiter de ses petits-enfants qui naissent entre 1906 et 1917 : Anne, Jeanne, Etienne et France. Marie habite chez son fils et sa belle-fille au 19 rue Paul Riquet. Elle est « marchande de salaisons » (son propre patron). La famille vit ensuite au 9 rue du chapeau rouge. Malheureusement, une de ses petites-filles (France) et son fils François meurent à 2 mois d’intervalles de la grippe espagnole en 1918. Le sort s’abat sur cette famille. Marie aide alors Jeanne COLOMBIER à élever ses trois enfants dans la maison au 4 rue d’en Vedel à côté de la librairie. 

Elle aura la chance de voir naitre ses arrière-petits-enfants. Elle décède le 27 mai 1948 à Béziers à l’âge de 88 ans. A cette date, elle se trouve au 17 rue Viennet, une toute petite rue à 200m des Halles. Avait-elle à nouveau déménagé? Avec qui vivait-elle?

 
 
 

Questions ouvertes

  • Marie a-t-elle eu beaucoup de contacts avec ses grands-parents dans le Tarn ?
  • A-t-elle aussi travaillé à la librairie ?
  • Les nombreux déménagements des parents de Marie et d’elle-même après son mariage. Pourquoi autant d’adresses différentes dans une même ville?
  • A la campagne, la plupart des veuves se remarient rapidement. ici, les femmes semblent prendre une autre voie. Elles travaillent en ville et élèvent leurs enfants seules ou avec d’autres femmes de la famille. Etait-ce courant en ville?
  • Rectification du nom FERLUS à quelle occasion? (pas de mariage ou de naissance à cette date)
  • Marie était sa propre patronne aux Halles. Son commerce était-il florissant?

 

Nos ancêtres dans la presse ancienne

Au hasard de mes recherches, voilà deux « faits-divers » que j’ai découverts et que j’ai trouvés intéressants.

1) Victor ROUX, mari de Nathalie DELCAUSSE, dans l’Express du midi du 8 novembre 1900:

 

2) Pierre COLOMBIER (1762-1846), grand-père d’un autre Pierre COLOMBIER, lui-même grand-père de Jeanne COLOMBIER épouse FERLUS, dans le bulletin des jugements du 2 vendémière de l’An III (soit septembre 1794):

 
 

 

La fratrie COLOMBIER

Aujourd’hui, je change radicalement de branche. Je viens de recevoir une photo du côté COLOMBIER ainsi que la généalogie qu’avait faite Robert (père de Didier). Je vous offre donc ici cette photo qui montre la fratrie COLOMBIER.

De gauche à droite, en haut: Louis (père de Robert et grand-père de Didier), Louise, Pierre. En bas: Jeanne (mon arrière-grand-mère) et Marie (la femme de Pierre)?

Voici les renseignements que j’ai:

Louis 1884-1965 époux de FAU Jeanne 1884-1940
Louise 1873-1966 épouse de GAYRAUD Alfred 1872-1943
Pierre 1875-1956? époux de BEZOMBES Marie
Jeanne 1878-1966 épouse de FERLUS François 1880-1918